31.3.10

Quién no ama a Caravaggio...



Caravaggio and his Circle in Rome

10 June – 11 September 2011
Special Exhibition Galleries The National Gallery of Canada and the Kimbell Art Museum in Fort Worth, Texas, are organizing a major exhibition for the summer of 2011 on the theme of Caravaggio and his Roman followers. Not since Michelangelo or Raphael had one artist in Europe affected so many of his contemporaries over such a broad geography and irrevocably changed the course of painting in a major center. This ambitious exhibition intends to explore the profound impact of Caravaggio’s work on a wide range of painters of Italian, French, Dutch, Flemish and Spanish origin who resided in Rome either during his lifetime or immediately afterwards. Approximately sixty paintings by some of the most important artists of the Baroque period will be included in this show.

Image: Caravaggio (Michelangelo Merisi), Italian (1571–1610), The Cardsharps, c. 1594 Kimbell Art Museum, Fort Worth, Texas, AP 1987.06

9.3.10

El vicio de lo imposible



Composição: Herbert Vianna

Um dia
Posso até pagar por isso
O impossível é meu mais antigo vício
Ou então
Um delírio do meu coração
Que vê as coisas
Onde as coisas não estão

Tão certo
Como flores no deserto
Real
Como as miragens da paixão

Havia
Inocência em seu sorriso
Enquanto caminhava rente ao precípicio
Estava calmo
Por acreditar em perfeição
Tal qual o tolo da colina na canção

6.3.10

Debord, el arte, el poder espectacular

Renversant une formule fameuse de Hegel, je notais déjà en 1967 que « dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux ». Les années passées depuis lors ont montré les progrès de ce principe dans chaque domaine particulier, sans exception.

Ainsi, dans une époque où ne peut plus exister d’art contemporain, il devient difficile de juger des arts classiques. Ici comme ailleurs, l’ignorance n’est produite que pour être exploitée. En même temps que se perdent ensemble le sens de l’histoire et le goût, on organise des réseaux de falsification. Il suffit de tenir les experts et les commissaires-priseurs, et c’est assez facile, pour tout faire passer puisque dans les affaires de cette nature, comme finalement dans les autres, c’est la vente qui authentifie toute valeur. Après, ce sont les collectionneurs ou les musées, notamment américains, qui, gorgés de faux, auront intérêt à en maintenir la bonne réputation, tout comme le Fonds Monétaire International maintient la fiction de la valeur positive des immenses dettes de cent nations.

Le faux forme le goût, et soutient le faux, en faisant sciemment disparaître la possibilité de référence à l’authentique. On refait même le vrai, dès que c’est possible, pour le faire ressembler au faux. Les Américains, étant les plus riches et les plus modernes, ont été les principales dupes de ce commerce du faux en art. Et ce sont justement les mêmes qui financent les travaux de restauration de Versailles ou de la Chapelle Sixtine. C’est pourquoi les fresques de Michel-Ange devront prendre des couleurs ravivées de bande dessinée, et les meubles authentiques de Versailles acquérir ce vif éclat de la dorure qui les fera ressembler beaucoup au faux mobilier d’époque Louis XIV importé à grands frais au Texas.

Le jugement de Feuerbach, sur le fait que son temps préférait « l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité », a été entièrement confirmé par le siècle du spectacle, et cela dans plusieurs domaines où le XIXe siècle avait voulu rester à l’écart de ce qui était déjà sa nature profonde : la production industrielle capitaliste. C’est ainsi que la bourgeoisie avait beaucoup répandu l’esprit rigoureux du musée, de l’objet original, de la critique historique exacte, du document authentique. Mais aujourd’hui, c’est partout que le factice a tendance à remplacer le vrai. À ce point, c’est très opportunément que la pollution due à la circulation des automobiles oblige à remplacer par des répliques en plastique les chevaux de Marly ou les statues romanes du portail de Saint-Trophime. Tout sera en somme plus beau qu’avant, pour être photographié par des touristes.

Le point culminant est sans doute atteint par le risible faux bureaucratique chinois des grandes statues de la vaste armée industrielle du Premier Empereur, que tant d’hommes d’État en voyage ont été conviés à admirer in situ. Cela prouve donc, puisque l’on a pu se moquer d’eux si cruellement, qu’aucun ne disposait, dans la masse de tous leurs conseillers, d’un seul individu qui connaisse l’histoire de l’art, en Chine ou hors de Chine. On sait que leur instruction a été tout autre : « L’ordinateur de Votre Excellence n’en a pas été informé. » Cette constatation que, pour la première fois, on peut gouverner sans avoir aucune connaissance artistique ni aucun sens de l’authentique ou de l’impossible, pourrait à elle seule suffire à conjecturer que tous ces naïfs jobards de l’économie et de l’administration vont probablement conduire le monde à quelque grande catastrophe ; si leur pratique effective ne l’avait pas déjà montré.


Guy Debord, 1988, Commentaires sur la société du spectacle.


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