3.4.07

Carta al padre, Kafka en el teatro.

L’image symbolique du père.

La mise en scène de Thibault de Montalembert et l’interprétation de Thierry de Peretti donnent judicieusement plein pouvoir au texte et mettent en lumière l’extraordinaire capacité d’analyse de Kafka. Peu importe qu’il ait raison ou tort puisqu’au final, on sait depuis Freud, que, au-delà du réel, ce qui est en jeu c’est l’image symbolique du père.

Sur un plateau nu et noir, l’acteur interpelle cette figure écrasante, autoritaire qui aux yeux de l’enfant n’était pas moins que Dieu le Père dont on respecte les sentences et auquel on se soumet en vertu du pouvoir qu’on lui a définitivement conféré. Le judaïsme aurait pu être le terrain commun où se retrouver mais le père est absent d’avance de cette rencontre qui tombe à l’eau.
Tour à tour dans la douleur, la violence, l’ironie, parfois le calme et la réflexion, l’acteur passe imperceptiblement de l’état d’enfance à celui d’écrivain qui, au fond, sont tout un. Le ton a le rythme saccadé, irrégulier de l’écriture et c’est comme si on voyait conjointement le fils s’adresser au père et l’écrivain rédiger le sésame qui lui ouvrirait les portes de la liberté, c’est-à-dire de la légitimité de l’écriture. Dans un sobre équilibre de sentiments qui se fracasse par endroits sur les pointes acérées de la douleur, la parole solitaire adressée dans le vide du plateau renvoie en écho à l’absence définitive et irrémédiable du père dont l’écrivain a bien conscience puisqu’il n’enverra jamais la lettre.

Lettre au père de Franz Kafka, mise en scène Thibault de Montalembert avec Thierry de Peretti. Théâtre de la Bastille

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