23.4.07

Cordura


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Estuve fuera de mí
un instante, en ninguna parte,
y me dolieron cuchillos.
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En la frontera del no ser
no hay nada bueno
pero tampoco en el someterse.
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Equilibrista sin par
hasta el final,
creyendo que son míos
el volante, el viento, el azar.
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Me dijeron anómala,
esto debes ser,
señores jueces tan tristes.
Cerré entonces las puertas.
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Mientras, la cordura
mató al ahorcado
y la cuerda
condenó al reloj.
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D.B.
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22.4.07

Elogio de la Locura.


Elogio de la locura
Erasmo de Rotterdam
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Habla la estulticia.


Capítulo I.
Diga lo que quiera de mí el común de los mortales, pues no ignoro cuán mal hablan de la Estulticia incluso los más estultos, soy, empero, aquélla, y precisamente la única que tiene poder para divertir a los dioses y a los hombres. Y de ello es prueba poderosa, y lo representa bien, el que apenas he comparecido ante esta copiosa reunión para dirigiros la palabra, todos los semblantes han reflejado de súbito nueva e insólita alegría, los entrecejos se han desarrugado y habéis aplaudido con carcajadas alegres y cordiales, por modo que, en verdad, todos los presentes me parecéis ebrios de néctar no exento de nepente, como los dioses homéricos, mientras antes estabais sentados con cara triste y apurada, como recién salidos del antro de Trofonio.
Al modo que, cuando el bello sol naciente muestra a las tierras su áureo rostro, o después de un áspero invierno el céfiro blando trae nueva primavera, parece que todas las cosas adquieran diversa faz, color distinto y les retorne la juventud, así apenas he aparecido yo, habéis mudado el gesto. Mi sola presencia ha podido conseguir, pues, lo que apenas logran los grandes oradores con un discurso lato y meditado que, a pesar de ello, no logra disipar el malhumor de los ánimos.

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21.4.07

Tony Carro, Acero y Piel

Acero y piel es el tercer libro de Tony Carro, uruguayo de 29 años, profesor de literatura.
Es una historia de amor, que muestra delicadamente el tema del perdón como virtud cristiana.
Esta novela se desenvuelve a partir de pequeños datos de la vivencia cotidiana de varios personajes con distintas posturas ideológicas, en la época de la dictadura en Uruguay. Según el antropólogo Renzo Pi Hugarte, quien participara en la presentación formal de la obra, es un trabajo casi etnográfico, que se va desarrollando a manera de una sonata da chiesa.
Al decir de su autor, es también un homenaje a las mujeres.
Para otra de sus presentadoras, la señora Cuesta, integrante del grupo de familiares de desaparecidos, es también un aviso de que persistir en las ideas es una forma de hacerse valer frente a la adversidad.
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Jethro Tull en Montevideo


Quien lo diría pero en la perfecta noche del 19 de abril tocó la perfecta banda británica Jethro Tull. Rock y sinfonía, virtuosismo, qué más pedir?: mucho más de dos horas de espectáculo, una noche entera... La sorpresa para mí fue la joven violinista norteamericana, tan pequeñita y con tanta energía. Martin Barre, nos mostró porqué Ian lo sigue prefiriendo. Hasta hubo temas nuevos, con la misma esencia. Un tema del tecladista, Donkey drum, uno de la violinista dedicado a su gato, why not...

Difundiendo la música bluegrass, (Bluegrass music is considered a form of American roots music which has its own roots in Irish, African, Scottish and English traditional music. The name of the genre is derived from the Blue Grass Boys, the name of Bill Monroe's band. Bill Monroe is considered the Father of Bluegrass music and was a native of Kentucky. Bluegrass was inspired by the music of immigrants from the British Isles (particularly the Scots-Irish immigrants of Appalachia), as well as that of rural African-Americans, jazz, and blues. In bluegrass, as in jazz, each instrument takes a turn playing the melody and improvising around it, while the others revert to backing; this is in contrast to old-time music, in which all instruments play the melody together or one instrument carries the lead throughout while the others provide accompaniment. Bluegrass is distinctively acoustic, rarely using electric instruments., extraído de wikipedia), no se desvían una nota del Jethro clásico.
Eso sí, a los uruguayos de más de cuarenta les cuesta moverse, cuánta verguencita en la platea y la tribuna de las entradas caras.
Yo nunca me pongo de pie o canto el himno, homenaje rebelde a la resistencia en la época de la dictadura, y tocaron el himno nacional al comienzo, correspondiente con la fecha patria. Todas las momias y rockeros y demás presentes cantaban, etc., allá ellos. Yo me pongo de pie ante la profesionalidad, la perfección, la alegría de presenciar un espectáculo maravilloso y seguramente irrepetible. Ando pensando en ocultarme, porque tal vez a alguna jueza no le guste que no respete al himno nacional, corren tiempos raros en el paisito.
Prometo colgar alguna foto, no tengo celular multifunción, al contrario de tanta momia que sí hizo uso y abuso en esa noche, pero en cambio no pudo mover el esqueleto en señal de comunión.
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5.4.07

Portishead


"Sour Times"

To pretend no one can find
The fallacies of morning rose
Forbidden fruit, hidden eyes
Curtises that I despise in me
Take a ride, take a shot now
Cos nobody loves meIts true
Not like you do

Covered by the blind belief
That fantasies of sinful screens
Bear the facts, assume the dye
End the vows no need to lie, enjoy
Take a ride, take a shot now
Cos nobody loves me
Its true
Not like you do

Who am I, what and why
Cos all I have left is my memories of yesterday
Oh these sour times
Cos nobody loves me
Its true
Not like you do

After time the bitter taste
Of innocence decent or race
Scattered seeds, buried lives
Mysteries of our disguise revolve
Circumstance will decide ....
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3.4.07

Carta al padre, Kafka en el teatro.

L’image symbolique du père.

La mise en scène de Thibault de Montalembert et l’interprétation de Thierry de Peretti donnent judicieusement plein pouvoir au texte et mettent en lumière l’extraordinaire capacité d’analyse de Kafka. Peu importe qu’il ait raison ou tort puisqu’au final, on sait depuis Freud, que, au-delà du réel, ce qui est en jeu c’est l’image symbolique du père.

Sur un plateau nu et noir, l’acteur interpelle cette figure écrasante, autoritaire qui aux yeux de l’enfant n’était pas moins que Dieu le Père dont on respecte les sentences et auquel on se soumet en vertu du pouvoir qu’on lui a définitivement conféré. Le judaïsme aurait pu être le terrain commun où se retrouver mais le père est absent d’avance de cette rencontre qui tombe à l’eau.
Tour à tour dans la douleur, la violence, l’ironie, parfois le calme et la réflexion, l’acteur passe imperceptiblement de l’état d’enfance à celui d’écrivain qui, au fond, sont tout un. Le ton a le rythme saccadé, irrégulier de l’écriture et c’est comme si on voyait conjointement le fils s’adresser au père et l’écrivain rédiger le sésame qui lui ouvrirait les portes de la liberté, c’est-à-dire de la légitimité de l’écriture. Dans un sobre équilibre de sentiments qui se fracasse par endroits sur les pointes acérées de la douleur, la parole solitaire adressée dans le vide du plateau renvoie en écho à l’absence définitive et irrémédiable du père dont l’écrivain a bien conscience puisqu’il n’enverra jamais la lettre.

Lettre au père de Franz Kafka, mise en scène Thibault de Montalembert avec Thierry de Peretti. Théâtre de la Bastille

2.4.07

Le Clèzio en Montevideo.


Dans le paysage littéraire français, Jean-Marie Gustave Le Clézio occupe une position singulière, en marge des clans, des écoles, des modes. A la fois français et mauricien, élevé dans la culture française et fin connaisseur de la littérature anglo-saxonne, ce romancier hors norme se réclame de Lautréamont, de Zola, mais aussi de Stevenson et de Joyce. La critique a toujours eu beaucoup de mal à le cerner, à le cantonner dans une sensibilité particulière. D’ailleurs, depuis son premier roman, Le Procès-Verbal (1963), qui lui a valu à vingt-trois ans le prestigieux prix Theophraste Renaudot, son écriture comme sa thématique ont beaucoup évolué.
Son œuvre, riche aujourd’hui d’une trentaine de livres (romans, essais, recueils de nouvelles, traductions), reflète ses préoccupations écologiques, sa révolte contre l’intolérance de la pensée rationaliste occidentale, sa fascination pour le monde indien des Amériques qu’il a découvert très tôt et qui a changé sa vie, une « expérience qui a changé toute ma vie, écrit-il dans son bel essai sur le rituel amérindien La Fête chantée (Gallimard, 1997), mes idées sur le monde et sur l’art, ma façon d’être avec les autres, de marcher, de manger, de dormir, d’aimer, et jusqu’à mes rêves ».
Il a raconté à Label France cette rencontre, mais aussi ses racines mauriciennes, son rapport au métissage, sa conception du roman et de la littérature.
Entretien.
Label France : On a qualifié votre œuvre de mystique, de philosophique, voire même d’écologique ! Vous reconnaissez-vous dans ces qualificatifs ?

J.-M. G. Le Clézio : Il est difficile de qualifier ce que l’on fait soi-même. Si je devais décrire mes livres, je dirais que c’est ce qui me ressemble le plus. Autrement dit, il s’agit pour moi moins d’exprimer des idées que d’exprimer ce que je suis et ce en quoi je crois. Quand j’écris, je cherche essentiellement à traduire ma relation au quotidien, à l’événement. Nous vivons dans une époque troublée où nous sommes envahis par un chaos d’idées et d’images. Le rôle de la littérature aujourd’hui est peut-être de faire écho à ce chaos.

La littérature, peut-elle agir sur ce chaos, le transformer ?

On n’a plus l’outrecuidance de croire, comme à l’époque de Sartre, qu’un roman peut changer le monde. Aujourd’hui, les écrivains ne peuvent que faire le constat de leur impuissance politique. Quand on lit Sartre, Camus, Dos Passos ou Steinbeck, on voit bien que ces grands écrivains engagés avaient une confiance infinie dans le devenir de l’être humain et dans le pouvoir de l’écriture. Je me souviens quand j’avais dix-huit ans, je lisais dans L’Express les éditoriaux signés Sartre, Camus ou Mauriac. C’étaient des essais engagés qui montraient le chemin. Qui peut imaginer aujourd’hui qu’un éditorial dans un journal puisse aider à résoudre les problèmes qui nous gâchent la vie ? La littérature contemporaine est une littérature du désespoir.

Si l’on trouve que vous êtes un écrivain inclassable, c’est peut-être parce que la France n’a jamais été votre seule source d’inspiration. Vos romans participent d’un imaginaire mondialisé. Un peu comme l’œuvre d’un Rimbaud ou d’un Segalen, des auteurs que la critique littéraire française a toujours eu beaucoup de mal à situer.

Tout d’abord, je vous répondrai que cela ne me dérange pas du tout d’être inclassable. Je considère que le roman a comme principale qualité d’être inclassable, c’est-à-dire d’être un genre polymorphe qui participe d’un certain métissage, d’un brassage d’idées qui est le reflet en fin de compte de notre monde multipolaire.
Cela étant dit, je pense comme vous que l’institution littéraire française, héritière de la pensée dite universelle des Encyclopédistes, a toujours eu la fâcheuse tendance de marginaliser toute pensée de l’ailleurs en la qualifiant d’ « exotique ». Rimbaud, Segalen en ont fait les frais en leur temps. De même, encore aujourd’hui les écrivains du Sud ne sont publiés chez nous que s’ils acceptent de se cantonner à la catégorie de « l’exotique ». L’exemple qui me vient à l’esprit est celui de la mauricienne Ananda Devi, dont j’ai défendu l’œuvre lorsque j’étais au comité de lecture des éditions Gallimard. On m’avait répondu que son manuscrit n’était pas suffisamment exotique !.
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