15.9.06

La poesía es al lenguaje...

La richesse d’une langue se mesure, autant et plus qu’à l’étendue de son vocabulaire, à la qualité et à la densité de sa littérature. Chaque emploi notoirement heureux d’un vocable ajoute en effet une facette à sa signification : il a embrayé sur l’esprit selon un angle d’incidence neuf. Et l’ouverture d’une langue à la poésie dépend pour beaucoup de l’aptitude acquise de ses mots au scintillement : les mots dans la poésie troquent presque toute autre qualité contre celle de pouvoir réfléchir la lueur d’un autre. Une langue résonante avant même d’être signifiante se met alors en place, dans le flux continu de laquelle les significations se posent et se déplacent en liberté, du moment qu’elles se répondent. La poésie est, de nature, décloisonnement du vocabulaire.

Julien Gracq

No hay comentarios.:

Publicar un comentario

Se produjo un error en este gadget.